Catholique
Vanité des vanités
ho la c’est une conspiration ! ils se sont tous donné le mot dans la bible ou quoi. tous donner le mot pour nous dégouter de la lire et plus encore de la pratiquer, tous donné le mot pour nous désespérer de cette vie et de ce monde, ce monde mauvais, pourri, ce monde à fuir, ou tout est moche.
Je vous fait une petite compilations des lectures de ce jour : « vanité des vanités tout est vanité » chez l’ecclésiaste, le psaume « elle fleurit, le matin, le soir elle est fanée » saint Paul : « faites donc mourir en vous ce qui appartient encore à la terre » et pour couronner le tout Jésus (on garde le meilleur pour la fin) : « tu es fou cette nuit même on te redemande ta vie et ce que tu auras mis de coté qui l’aura ? » n’en jetez plus la coupe est pleine.
en un mot ça veut dire que tout ce qui est sur terre c’est nul et que tout ce qui est dans le ciel c’est bon.
et finalement c’est assez facile de prêcher comme ça de dire le monde est pourri, vous me croyez pas : ouvrez les journaux la télé regardez autour de vous, le monde court à sa perte, il est pourri je vous dit heureusement nous les catholiques nous sommes les bons, heureusement nous connaissons la vérité, nous ne sommes pas de ces pécheurs qui se fourvoient et se vautrent dans le stupre et la fornication (comme dirait Brassens) à longueur de journée. nous sommes les bons nous sommes les purs et nous n’avons qu’a rebâtir une société de purs et de bons, une société de saints ou nous ne risquerons pas la contagion avec la racaillle, les pécheurs et autres mal-portants!
c’est facile de prêcher tout ça, c’est ce que font les gourous de tout poils et ça marche, les sectes prolifèrent, les gens y entrent, les gens s’y sentent bien, entre eux, entre gens bien. venez chez nous, il y fait bon, venez chez nous c’est simple, c’est chaleureux, on s’aime. eh bien, c’est tout sauf le message que Dieu nous livre dans la bible, c’est tout sauf le message catholique, c’est tout sauf la manière dont l’église a compris l’Evangile. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les meilleurs d ses fils, ceux qui ont pris au sérieux l’Evangile : les saints ! Depuis deux mille ans, jamais ils n’ont méprisé la terre, jamais ils n’ont délaissé ce monde qu’ils aiment, leur frères qu’ils servent, jamais ils n’ont compris ce verset: « Tendez vers les réalités d’en-haut, et non pas vers celles de la terre. » comme une fuite du monde et un refuge dans un couvent ou une société idéale, les « réalités d’en-haut » dont parle saint Paul, c’est la bienveillance, l’humilité, la douceur, la patience, le pardon mutuel... Ce qu’il appelle les réalités terrestres, c’est la débauche, l’impureté, la passion, la cupidité, la convoitise... Il ne s’agit donc pas de choses d’en-haut ou d’en-bas, il s’agit de conduites, de manières de vivre.
être des ressuscités comme dit saint Paul, c’est précisément être nés à une nouvelle manière de vivre et la choisir chaque jour, c’est ça qu’il appelle les réalités d’en-haut. On est évidemment bien loin d’un mépris de ce que nous, nous appelons les choses de la terre ; au contraire, le même auteur dit à peine plus loin, dans cette même lettre : « Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père. » Pour le dire autrement, Dieu nous a confié les réalités de notre vie quotidienne, ce n’est pas pour que nous les méprisions ! Mais ce qui nous est dit ici, c’est que, depuis la Résurrection du Christ, il y a une manière nouvelle de vivre notre réalité quotidienne : un comportement à la manière du Christ.
Un « chrétien », c’est quelqu’un qui est transformé radicalement, et qui vit à la manière du Christ selon l’Evangile : c’est un « homme nouveau ».
Encore une fois, il ne s’agit pas de vivre une autre vie que la vie ordinaire, mais de vivre autrement la vie ordinaire. C’est ce monde-ci qui est promis au Royaume, il ne s’agit donc pas de le mépriser mais de le vivre déjà comme la semence du Royaume. Et ce Royaume, quel est-il ? Il est ce lieu où tous les hommes sont frères.
C’est ce que les saints ont compris, c’est ce qu’ils ont vécu
Quand mère Térésa se penche sur le vieillard malade qui git dans la rue, c’est bien vers les réalités d’en bas qu’elle se penche, quand saint Vincent de Paul recueille ces centaines d’enfants abandonné c’est aux réalités d’en bas qu’ils tend les bras, quand saint Camille de Lellis bâtit des hôpitaux, c’est les réalités d’en bas qu’il accueille, quand saint francois d’assise embrasse le lépreux c’est le goût des réalités d’en bas qu’il garde sur les lèvres, ou quand saint Maximilien Kolbe donne sa place à un père de famille, c’est vers les réalités d’en bas qu’il se penche, non pas pour les regarder, s’apitoyer sur leur sort et passer son chemin, mais pour faire descendre sur eux les réalités d’en haut : la douceur, l’attention, l’amour, la délicatesse, le pardon.
alors bien sur nous pouvons être profondément insatisfait de ce monde et nous avons mille raison de l’être, plus que de l’insatisfaction d’ailleurs nous devons être révolté par l’injustice qui le déforme et défigure les enfants de Dieu.
mais cette insatisfaction ne saurait nous conduire ni au pessimisme ni au cynisme, de celui qui dirait : puisque nous devons tous mourir un jour jouissons sans entrave, remplissons nous les poches et le ventre sans nous soucier ni du lendemain, ni des autres.
cette révolte est le moteur de la transformation du monde ; non pas avec nos seules forces, ni surtout selon notre plan (nous savons ou mène les grands bonds en avant, les rêves millénaristes, et autres grands soirs)
cette révolte elle se gagne avec les armes de l’Esprit : la douceur et l’humilité, elle se fait avec la force de Dieu, elle se mène sous l’étendard du Christ, cette révolte c’est la révolution de l’amour.