Citations

Vendredi 25 mai 2007

Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine,  

Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine, 

Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,

Vous me dites enfin que je suis fatigué.

Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m'en flatte.

J'ai tout de fatigué, la voix, le cœur, la rate,

Je m'endors épuisé, je me réveille las,

Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas.

Ou quand je m'en soucie, je me ridiculise.

La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.

On n'est jamais aussi fatigué qu'on le croit !

Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?

Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,

Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitude,

N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons...

Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon...

Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre...

Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;

Elle fait le front lourd, l’œil morne, le dos rond.

Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond...

Mais se sentir plier sous le poids formidable.

Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable,

Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,

Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,

Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,

Aider une existence à continuer sa course,

Et pour cela se battre à s'en user le cœur...

Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur.

Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre,

On va aider un être à vivre ou à survivre ;

Et sûr qu'on est le port et la route et le quai,

Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?

Ceux qui font de leur vie une belle aventure,

Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,

Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus

Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.

La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,

C'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes.

C'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,

Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.

C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,

C'est la preuve, Monsieur, qu'on marche avec la vie.

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,

J'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;

Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,

Et ma fatigue alors est une récompense.

Et vous me conseillez d'aller me reposer !

Mais si j'acceptais là, ce que vous  proposez,

Si je m'abandonnais à votre douce intrigue... 

Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Simon d'Artigue
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Vendredi 25 mai 2007

La jeunesse n'est pas une période de la vie,
Elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
Une qualité de l'imagination, une intensité émotive,
Une victoire du courage sur la timidité,
Du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années :
On devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l'âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière 
 avant la mort.
Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille. 

 Il demande comme l'enfant insatiable : Et après ? 

Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir. 

Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.

Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.
Si un jour, votre cœur allait être mordu par le
 pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard. 

 

 

 

 

Par Simon d'Artigue
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Samedi 26 mai 2007

« On est toujours indigne de ce qu'on reçoit, mon enfant, car on ne reçoit jamais rien que de Dieu. »

                                                                   Bernanos - Dialogue des Carmélites 

 

 

 

 

 

Par Simon d'Artigue
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Samedi 26 mai 2007

"Celui-là est sans foi, qui n'est capable de rien d'éternel. "
                                                                              L'Otage 

 "Il est bon d'avoir à soi quelque chose pour le donner. "
                                                                                L'Otage 

 "Il y a une chose plus triste à perdre que la vie, c'est la raison de vivre,
 Plus triste que de perdre ses biens, c'est de perdre son espérance,
 Plus amère que d'être déçu, et c'est d'être exaucé. "
                                                                                L'Otage 

Par Simon d'Artigue
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Dimanche 27 mai 2007

Peuple de barons français, peuple qui lève la tête,
Peuple qui sait parler aux grands.
Et par conséquent à moi le Très-grand.
Ceux qui lèvent toujours la tête
On ne voit pas qu'ils baissent aussi la tête
A l'Offertoire et à l'Elévation du Corps de mon Fils
Mais ces Français qui lèvent toujours la tête
Qui ont toujours la tête droite et haute,
Quand dans une église cent cinquante
Ou deux cents rangées de Français à genoux
Baissent la tête ensemble en même temps
Trois fois aux trois coups de la sonnette
Pour l'Offrande et pour l'Offertoire
Et pour la Consécration et pour l'Elévation du corps de mon fils,
Ca se voit, qu'ils baissent la tête et tout le monde comprend
Que ça vaut la peine,
Que c'est un instant solennel et le plus grand mystère
Et le plus grand instant qu'il y ait dans le monde.

Charles Péguy

 

 

 

 

Par Simon d'Artigue
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