Baptême du seigneur

Publié le par Abbé Simon d'Artigue

On entends souvent dire aujourd’hui, il vaudrait mieux ne pas baptiser les enfants quand ils sont petits parce que c’est leur imposer une religion qu’ils n’ont pas choisi, ce n’est pas respecter leur liberté, la vraie la bonne éducation serait de les laisser grandir sans foi (ni loi) pour que le jour venu ils choisissent eux même (qu’ils choisissent quoi d’ailleurs?). Outre le fait que de telles réflexions sont un peu idéalistes, chaque parent donne à son enfant ce qu’il croit être bon pour lui, il lui fait manger de la cervelle et des épinard pour qu’il soit fort comme Popeye (parce que s’il écoutait son fiston il ne mangerait que de la purée et du jambon et il finirait comme une chiflette), il lui apprend le français sans trop lui laisser le choix entre le croate et le guatémaltèque, il l’inscrit au trombone à coulisse et au rugby parce que c’est bien et le pire de tout les choix il l’oblige tout les matins à se lever à 7h pour aller à l’école (est ce que ce n’est pas la preuve formelle que les parents sont bien ces tyrans qui empêchent aux enfants de s’épanouir). En fait les parents font des dizaines de choix pour l’enfant, pour que justement l’enfant grandisse et se structure, ils font ces choix parce qu’ils aiment leur enfant et parce qu’ils veulent lui donner ce qu’ils croient être le meilleur pour lui. Mais plus profondément cette manière d’attaquer le baptême donné aux petits enfants traduit surtout une méconnaissance de ce qui se passe réellement au baptême. 

 

Mais peut être que nous n’en savons pas plus qu’eux. Extérieurement que se passe t il, que voyons nous? un enfant qui fait trempette, un peu d’huile frottée sur son front, un cierge et un vêtement blanc, un folklore sympathique et rien de plus. 

 

Il se passe beaucoup plus, infiniment plus, mais nous ne le voyons pas, nous le croyons, nous le croyons parce que l’Evangile nous le révèle.

Mais nous le savons, dans notre foi, le plus important ne se voit pas, le plus important se fait discrètement, parce que Dieu n’est pas un bateleur de foire, Dieu ne fait pas son boulot sur la plateau de télé et sous les projecteurs, il travaille au cœur, en profondeur, il agit dans le silence, sans rien dire, mais il bosse dur. 

 

Le baptême de Jésus est le lieu qui nous révèle ce qu’est notre baptême.

 

Ecoutons la parole de Dieu qui nous révèle ce qui nous est arrivé au jour de notre baptême, ce qui arrive à chacun de ces enfants sur qui coule l’eau lustrale. 

 

Chacune des lectures du jour nous livre une perle sur notre baptême, recueillons les : « Mon élu en qui j’ai mis toute ma joie » Isaïe, « le seigneur donne la paix » psaume 28 « Dieu l’a rempli de sa force » « car Dieu était avec lui » actes, « celui-ci est mon fils bien aimé en lui j’ai mis tout mon amour » saint Matthieu 

 

Voila les cadeaux que dieu nous fait au baptême, la joie, la paix, la force, l’amour, non pas n’importe lesquelles mais celle qui vienne de lui, celle qui ne passe pas, une joie profonde, une paix durable, une force inébranlable, un amour sur lequel on peut compter. Qui refuserait ces dons ? Quel fou oserait priver son enfant de ces cadeaux ? Dieu ne nous impose rien au baptême, il vient demeurer en nous, il vient habiter notre cœur, quand je dis cela c’est bien qu’il veut faire de notre cœur sa demeure et la décorer selon son goût, la décorer avec ces dons que je viens d’évoquer. Libre à chacun de les refuser, d’en priver son enfant, en le privant du baptême, mais c’est une chance qu’on lui enlève, la chance qu’il grandisse sans ces quatre superbes vertus, qu’il soit obligé de se débrouiller seul, dans un monde triste sans la joie qui vient de Dieu, dans un monde agité sans la paix qui vient de Dieu, dans un monde violent sans la force qui vient de Dieu, dans un monde égoïste sans l’amour qui vient de Dieu. Quels parents refuseraient cela à son enfant. Dieu n’a qu’un désir c’est de venir habiter en nous, c’est nous offrir ses dons, cependant il ne s’imposera jamais de force, il est trop respectueux de notre liberté,il est poli Dieu. 

 

Mieux même il croit en nous, ces cadeaux qu’il nous fait, il nous les confie, à nous de les faire grandir, au baptême tout n’est pas joué, cette joie, cette paix, cette force, cet amour plantés en nos cœurs au jour de notre baptême demande à grandir, à s’épanouir, à prendre toute la place en nous, à nous de jouer. 

 

Mais alors si nous les cultivons patiemment, si nous les nourrissons par la prière, par les sacrements, (en particulier la communion et la confession) alors Dieu va faire des miracles dans nos vies et par nous il fera des miracles dans le monde, comme dit saint Francois, la où il y a la haine que je mette l’amour, là où il y a la tristesse que je mette la joie, là ou il y a la guerre que je mette la paix, là ou il y a la faiblesse que je mette la force.

Vous êtes tous baptisés, vous avez tous reçu cette paix, cette force, cette joie et cet amour, alors n’attendez pas, le monde vous attends, à vous de jouer.

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Publié dans Homélies

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