Dieu et César

Publié le par Abbé Simon d'Artigue

En ces temps de laïcité triomphante, voire envahissante, il est bon d’entendre la voix de notre seigneur repartir de manière tranchante les domaines de compétence entre Dieu et césar. Parce qu’en effet il fut un temps ou l’église a très certainement empiété sur le champ de césar, c’était le temps justement ou césar était trop faible pour gouverner ou les barons et les chefs de tribus se disputaient le pouvoir au mépris du peuple, alors le peuple se tournait spontanément vers ces grands évêques qui incarnaient le seul pouvoir stable, ils ont bâti des cités, soutenus les habitants, les ont instruit, soignés, leur donnant le pain du corps et le pain de l’âme, malheureusement cette implication politique a souvent entraîné des compromission et un affadissement de l’évangile. Quand l’église de Dieu se prend pour césar, elle se corrompt, L’église de Dieu n’a rien a faire avec le pouvoir civil, chaque fois qu’elle s’en est servi, chaque fois qu’on le lui a remis ça a été pour sa perte. 

 

Ce temps est révolu et c’est heureux. Mais nous vivons aujourd’hui dans une toute autre époque ou césar se prend pour Dieu ! Ou il voudrait tout régenter, non seulement les corps et les intelligences, les relations entre les hommes, la santé et la sécurité mais bien plus régenter les coeurs et les âmes. Atteindre l’homme jusqu’en son fond pour le transformer selon son modèle, ce fut la tentation de toute les utopies, celle de tout les totalitarismes, et c’est ici que retenti la parole claire et libératrice de Jésus-Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » 

 

Rendez à César tout ce qui est frappé de son sceau, rendez ce qui lui est du : le respect de son autorité, le paiement de l’impôt, l’observation des lois justes. Mais voila ça s’arrête là, au-delà, césar tu ne passe pas, au-delà c’est un domaine réservé où tu n’as pas droit de citer, au-delà c’est le pays de ma liberté et de ma conscience.

Mais prenons garde car César pourrait vouloir frapper de son sceau d’autre matière, étendre son influence, quand Jésus prend cette pièce d’argent c’est l’autorité de l’état qu’il désigne, mais il existe d’autre césars qui cherchent à étendre leur emprise sur nous, des petits césars, des césars bien plus insidieux, nous les connaissons c’est cette console de jeu qui te coupe de tes amis, la télé qui te captive (et que le mot est juste), l’ambition ou l’argent qui nous font mépriser les autres, c’est l’orgueil insidieux et le jugement facile, en un mot c’est le péché qui cherche à nous marquer de son empreinte et qui y parvient trop souvent. Et bien toutes ces pièces marqués du sceau de César : rendons les à César ! 

 

Et à Dieu, que faut il rendre à Dieu ? Il est mignon Jésus, mais il est un peu vague. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » pour césar on voit un peu mieux, mais pour Dieu…quelle est cette pièce précieuse marqué à l’effigie de Dieu, cette pièce qu’il faut lui rendre aussi, cette pièce qui lui appartient ?

Cette pièce c’est notre âme, notre cœur ! Oui, au jour de notre baptême Jésus-Christ l’a marqué de son sceau, il nous a marqué de son empreinte, non pas comme une marque de possession, mais comme une marque d’amour, c’est pour cela que cette empreinte est indélébile, parce que nous ne pourrons jamais empêcher Dieu de nous dire je t’aime, nous ne pourrons jamais faire qu’il cesse de nous aimer. 

 

Nous pourrons bien demander à être rayer des registres du baptême parce que nous ne voulons pas être aimé, rien n’y changera ce que Dieu a donné il ne le reprend pas.

Nous sommes marqués de son sceau est contrairement à tous les autres sceaux humains qui disparaîtront, qui s’effaceront, l’empreinte de Dieu sur notre âme est éternelle, il est comme ça Dieu, tout ce qu’il fait est éternel, il ne signe ni CDD, ni CDI que des CDE : des Contrats à Durée d’Eternité.  

En marquant notre âme, Dieu y inscrit, sa foi, son espérance et sa charité. Vous avez vu ces vieilles pièces de monnaies qui a force de traîner au fond des pantalons finissent par perdre leur effigies….l’image de Dieu en nous est indélébile, bien plus il nous appartient de la faire briller, de la faire rayonner comme dit saint Paul, que cette foi inscrite au plus profond de notre cœur soit active, que cette espérance tienne bon,  que cette charité se donne de la peine. 

« Rendez à césar ce qui est à césar et à Dieu ce qui est à Dieu » 

 

Rendons notre cœur à Dieu, pour qu’il continue son œuvre, cette œuvre commencée au jour du baptême. Remettons lui notre âme, pour que jour après jour comme un potier il la façonne, toujours plus à son image. Abandonnons lui nos vies pour qu’elle rayonne de sa vie. C’est ça que Dieu attend de nous, c’est cette louange que nous devons lui rendre ! 

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Publié dans Homélies

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