Le bon grain et l'ivraie

Publié le par Abbé Simon d'Artigue

 

Peut être qu’un jour on vous a demandé : « pourquoi est ce que tu crois en Dieu, » ou bien « c’est qui Dieu ? C’est quoi le royaume des cieux ? »Et là vous êtes plongé dans un abîme de perplexité, essayant de bafouiller quelque mot pour tenter de dire quelque chose à votre interlocuteur. Non c’est quand même plus simple de parler des transferts du stade toulousain cette saison ou de la canicule que de parler de Dieu et pourtant il faut bien donner une réponse à ces questions essentielles, à ces questions que nous posent les enfants, à ces questions que se pose pas mal de nos contemporains. Alors il y a plusieurs solutions, la première esquiver la question du style : « écoute va ranger ta chambre et on verra après » ou encore « non écoute la je suis occupé mais on en reparle ok ? »…pas très satisfaisant, il y a la solution, de prendre un air profondément mystique et dire « c’est un mystère, tu peux pas comprendre », ça aussi ça risque de laisser votre interlocuteur sur sa faim. Vous pouvez aussi tenter une explication rationnelle, carrée, une bonne démonstration qui emportera à coup sur l’adhésion de votre questionneur. Vous lui prouvez par A+B l’existence de Dieu, de la sainte trinité, et du jugement dernier et à la fin vous lui dites de signer en bas, mais là non plus ça risque de ne pas satisfaire complètement sa soif de savoir.  

 

Et puis il y a une autre manière, la manière qu’emploie jésus quand il veut parler de Dieu, quand il veut parler du royaume des cieux ou de la vie éternelle, quand il veut parler de toute ces réalités absolument invisibles qui se trouve au cœur de notre foi. Cela fait déjà deux ou trois dimanche que les pages d’évangiles que nous lisons sont pleine de paraboles. Vous savez la parabole, on dirait une histoire pour enfant, jésus pour expliquer des choses profondes, ces choses qui échappent totalement à nos sens, se sert des réalités les plus simples, celle que l’on rencontre tout les jours, en tout cas de celle que ces auditeurs de l’époque connaissait : il parle de terre, de blé, de moisson, de berger et de troupeau, d’arbre et de pain. Et avec ces mots il nous dit quelque chose de Dieu.

Bien sur il ne dit pas tout de Dieu, d’ailleurs comment pourrions nous comprendre Dieu, qui d’entre nous oserait dire ça y est Dieu, j’ai tout compris ! Il n’a plus de secret pour moi ! Non si vous avez tout compris c’est que ce n’est pas Dieu, Dieu est infiniment plus grand que notre intelligence, il dépasse infiniment notre capacité de connaître, et pourtant notre cœur, le cœur de tout homme désire le connaître, alors jésus le met à notre portée, il se sert de parabole.

La parabole nous dit quelque chose de Dieu ou de ces grand mystère de notre foi, elle nous quelque chose mais elle ne nous révèle pas tout, elle nous dévoile une facette du mystère. Quand jésus dit que le royaume des cieux est comme à un homme qui a planté du grain dans son champ, ou comme une graine de moutarde, ou comme au levain dans la pâte, ou quand les psaumes nous disent que Dieu est comme un roc, c’est pour nous faire sentir ce qu’est Dieu et son royaume, pour que nous essayons de nous en faire une idée : Dieu est solide comme le roc, mais il n’est pas une pierre, le royaume est discret comme une graine de moutarde et puissant comme le levain dans la pâte, mais il n’est pas une graine, ni du levain. Il est comme un roc, comme une graine de moutarde. 

 

La parabole à cette vertu de titiller notre intelligence de lui donner envie de percer cette image, d’aller plus profond, d’essayer de s’enfoncer dans le mystère, non pas pour le comprendre mais pour le découvrir, pour s’en imprégner.

 

Mais la parabole a cette autre vertu de préserver le mystère de Dieu : parce qu’on sait bien que Dieu n’est pas un caillou, ni un gravillon, ni même un rocher. Il est infiniment plus et pourtant ces images que l’écriture nous donne nous dosent quelque chose de vrai sur Dieu.

 

Un grand théologien, peut être le plus grand que l’Eglise ait donné : saint Thomas cette, avait passé toute sa vie a scruter le mystère de Dieu, à essayer d’appliquer son intelligence à le comprendre pour le faire connaître, il avait rempli les rayonnages de bibliothèque de ces ouvrages. Et un jour au soir de sa vie il demanda à son secrétaire de tout brûler, tout ce qu’il avait écrit, se rendant compte que tout ça c’était de la paille à coté de qui était Dieu. Que tout ces efforts intellectuels ne disaient quasiment rien de qui était Dieu.

 

Son secrétaire ne s’est pas exécuté et tant mieux pour nous, mais c’est vrai qu’avec la parole de Dieu, avec l’évangile, jésus nous a tout dit de Dieu, nous n’avons pas à aller chercher plus loin les réponses à toute ces questions, il suffit de laisser notre intelligence et notre cœur aller au gré des paraboles, il faut nous nourrir de la parole de Dieu, il faut la laisser travailler en nous comme un ferment dans la pâte

 

Bien entendu il faut essayer de donner à ceux qui vous posent des questions des réponses les moins stupides possibles, mais plus encore il faut leur donner d’aller eux même chercher les réponses que jésus nous a donné, il faut leur donner d’entendre la parole de  Dieu, qui est infiniment plus puissante que tout nos discours, qui touche plus sûrement les cœurs, qui nourrit plus profondément les âmes.

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Publié dans Homélies

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