Le joug du Christ.
« Prenez sur vous mon joug », non mais il nous prend pour des bœufs le Jésus ou quoi !! Il nous propose de prendre son joug et puis quoi encore.
On ne voit plus beaucoup de joug dans nos campagnes, vous savez c’est cette pièce de bois qui servait autrefois à atteler les bœufs entre eux et à leur attacher une charrue à tirer ou un soc pour labourer
D’ailleurs je vous disais que le joug a disparu, oui au sens propre du terme l’engin a disparu, il a été remplacé par les tracteurs. Le tracteur nous a libérés ! Serait ce alors que cette image employée par le Christ est dépassée et que notre évangile est à jeter ? Non je ne crois pas, d’ailleurs dés son époque jésus employait cette image au sens figuré, il ne s’est jamais agit pour lui de nous atteler comme des bœufs, il s’agissait de nous proposer son joug pour nous débarrasser d’un autre joug. En effet cette idée d’avoir a supporter un joug est absolument insupportable à nos consciences modernes, nous voulons vivre libre, sans le moindre joug, sans contrainte « jouir sans entrave » comme on écrivait sur les murs en mai 68, nous ne voulons que compter sur nous même, décider seul de ce qui est bon pour nous, nos pères ont combattu la tyrannie en 1789 et en 1968, ce n’est certainement pas pour y retomber en 2005. « Pas de joug ! » pourrait être le slogan du XXI° siècle. Vous comprenez bien alors comment cette page d’Evangile peut nous sembler anachronique, comment ce joug que nous propose jésus doit paraître insupportable à nos contemporains et peut être à nous même. Mais regardons y de plus prêt, sommes nous bien sur de nous être affranchi de tous les jougs, de tous les esclavages : la mode ne nous dicte-t-elle pas ses lois auxquelles nous devons nous soumettre sous peine de ridicule ou de marginalisation, la télévision ne nous impose-t-elle pas un certain joug aussi, l’économie ne nous soumet-elle pas bien souvent à ses lois aussi impitoyables, les cadences de travail la rentabilité, ne sont ils pas de nouveaux jougs ? bien sur ce ne sont pas de ces bons gros jougs en bois que l’on attachait au cous des bœufs. Non ! Nous sommes plus modernes, au temps du virtuel, ce sont des jougs invisibles, mais le résultat est le même nous ne faisons pas ce que nous voulons, nous n’allons pas où nous voulons, c’est un autre qui nous dicte notre conduite. Et puis regardons encore un peu plus profond. N’y a-t-il pas un joug encore plus sournois, plus vicieux, un joug encore plus intérieur, un joug qui trouve en nous des accroches solides ? L’individualisme, l’égoïsme, la violence, la colère, le mensonge, la paresse, tout ce que nous appelons communément le péché, ne sont ils pas des jougs qui nous empêchent d’aimer librement ?
Non décidément mai 68 n’a pas fini son travail, nous ne sommes pas encore libre.
Mais le joug à quelques autres vertus, le joug décuple les forces, il permet aux animaux de travailler la terre sans trop se fatiguer, il permet de répartir l’effort entre les différentes bêtes de l’attelage. Il a cette vertu aussi d’aider à tracer un sillon droit. C’est peut être de ce joug là dont nous parle le Christ.
Il connaît trop bien l’homme pour se tromper sur son compte, il sait bien que personne ne peut s’affranchir totalement de son joug, il sait bien que la liberté absolue, ça n’existe pas, que celui qui comme l’anarchiste dit « ni Dieu ni maître » se trompe, il croit n’avoir aucun joug sur les épaules, c’est plutôt qu’il ne connaît pas son joug, il croit s’être affranchit de tous les maîtres, c’est un tyran bien pire qui le mettra à genoux : l’argent, le sexe, la drogue, la boisson, l’ambition.
C’est pour cela que jésus nous dit « venez à moi, prenez sur vous mon joug », s’agenouiller oui, mais devant Dieu seul ! Écoutons le encore qui nous décrit ce joug : il est léger, facile à porter, il procure le repos, en effet en choisissant ce joug là nous nous attelons, nous nous attelons au Christ, celui qui travaille à nos cotés c’est le Christ, c’est lui qui fournit le gros du travail. Les secondes lignes me comprendront mieux que les autres : vous savez quand en rugby on a à pousser en mêlée ou encore quand on a à nettoyer un regroupement, on est infiniment plus efficace quand on arrive à deux, bien lié, soudé comme un seul homme, comme si entre nous il y a avait un joug. Choisissez le joug du Christ, ce n’est plus seulement votre force que vous jetterait dans la bataille ce sont les siennes ! Et puis quand vous serez fatigué, d’avoir travaillé tout le jour, reposez vous, reposez vous sur Jésus c’est lui qui vous portera… souvenez vous… vous êtes lié.
Enfin une dernière qualité de ce joug admirable, je vous le disais il trace un sillon droit, alors plutôt que de passer une vie à errer, une vie sans repère et sans but, plutôt que d’essayer tous les chemins, attelez vous à jésus Christ, soyons ses disciples, la route est dure peut être…. mais le guide est sur, alors oui résolument choisissons le joug du Christ !