Le semeur
« Moi Dieu tant que je ne l’aurai pas entendu je n’y croirai pas » me dit un jeune garçon l’air catégorique, en se croisant les bras sur
Non pas du tout Dieu parle, il nous parle, mais nous nous n’écoutons pas, ce qu’il a à nous dire. Nous avons plusieurs raisons de le faire deux raisons de ne pas l’entendre et une de ne pas l’écouter.

La première raison de ne pas l’entendre c’est qu’il y a beaucoup trop de bruit autour de nous et même beaucoup trop de bruit en nous. Autour de nous ce sont les bruits de la ville, l’agitation, les cris, ce sont les radios que nous allumons en montant en voiture, la télé en rentrant chez nous, nos MP3 quand nous courrons ou quand nous nous promenons, on a l’impression d’une sorte de conspiration contre le silence, comme s’il nous faisait peur, comme si nous le fuyons. Parfois même dans nos messe nous refusons le silence, nous refusons de prendre ce moment seul devant le seigneur, quand nous avons communié, ce moment précieux ou nous pouvons lui parler cœur à cœur. Notre liturgie est habité de silence, avant chaque prière le prêtre fait silence, il dit prions le seigneur et il fait un bref silence pour prier le seigneur. La deuxième raison de ne pas l’entendre c’est celle que nous décrit notre Evangile. Dieu veut semer sa parole dans nos cœurs, le semeur c’est lui, et la terre c’est nous. Dieu sème largement, généreusement, à pleine poignée, Dieu parle à tous sans la moindre discrimination, oui mais voila tous n’entendent pas, parce que la terre de nos cœurs n’est pas de la même qualité, parce que nous n’avons pas pris le soin de la préparer à recevoir cette graine, cette parole que Dieu veut nous adresser. Et c’est à nous qu’il revient de cultiver notre cœur, de le rendre accueillant à ce que Dieu veut y mettre. Il faut que nous y arrachions les ronces du péché, celle qui étouffe la parole de Dieu, celle qui nous étouffe. En effet qui de nous peut vivre avec ces ronces d’égoïsme, de violence, de colère, de mensonge en soi, non ! il faut les arracher. et bien même là c’est Dieu qui s’en charge, c’est lui qui si nous le lui demandons dans la confession, arrache de nous ce péché, pour faire de nous cette bonne terre ou il sèmera sa parole et ou les fruits pourront pousser. Dieu sème, Dieu parle mais notre cœur peut être comme le bord du chemin, dur et sec, là sa parole n’a aucune chance de pénétrer, il nous faudrait commencer par humidifier le terrain, pour pouvoir le travailler, retourner la terre, l’assouplir, et bien là encore c’est Dieu qui nous procure cette eau, l’eau du baptême, pourvu que nous la lui demandions dans la prière, c’est ce que nous faisons a chaque fois que nous entrons ans une église nous trempons notre main dans le bénitier et nous faisons notre signe de croix en souvenir de notre baptême, vous savez c’est un peu comme un exercice, quand nous sommes un peu tendu nous faisons du stretching pour détendre nos muscle et bien il en va de même pour notre cœur, il a besoin de ce stretching intérieur, de cet assouplissement. Notre cœur peut être aussi comme cette terre caillouteuse, où sa parole ne prendra pas racine, là c’est peut être un peu notre cœur qui est comme ça, vu de l’extérieur la terre semble bonne, pas sèche, pas de ronces, mais en fait si on creuse un peu…. Or il se trouve que Dieu travaille en profondeur, ses racines il veut aller les planter au fond de notre cœur, là il ne s’agit plus du travail de force, il ne s’agit plus de retourner la terre, ou d’arracher les ronces, c’est un travail plus délicat, un travail de longue haleine, qui est toujours à reprendre, permettre à la parole de Dieu de trouver une place dans notre cœur. Alors au début ce sera seulement une petite place, parce qu’il y aura pas mal de caillou, mais au fond que sont ces cailloux, ce ne peut pas être le péché, nous avons dit que c’était les ronces, non ces cailloux ce sont ces tendances qui en nous nous pousse au péché, ce penchant à la colère ou à la paresse, ou à la critique systématique, ce qu’on appelle parfois notre caractère. Ce dont on se dit parfois : « pour ça Dieu ne peut rien faire ! je suis comme ça et c’est tout » et bien c’est faire peu de cas de la puissance de Dieu, qui est capable non seulement d’arracher le péché de notre cœur mais qui est aussi capable de changer notre cœur, de le rendre semblable au sien, bien sur Dieu nous aide à combattre le péché mais il veut aussi nous aider à combattre la racine du péché, il veut ne plus laisser dans notre cœur la moindre prise au péché, en plantant ses racines en nous, il veut croitre, grandir prendre toute la place, chasser ces cailloux. Et il le fait, il le fait mais pas sans nous, il demande que nous coopérions à son œuvre en nous.
Voici donc les deux raisons de ne pas l’entendre, mais qu’en est il de cette troisième raison de ne pas l’écouter : accueillir Dieu en soit c’est prendre un risque, un risque énorme, celui de voir notre vie bousculé, notre cœur ravalé de fond en comble, oui parce qu’au fond nous nous sommes habitués, à ces ronces, à ce sol sec ou caillouteux, au prix de quelques compromissions et de quelques arrangement nous parvenons à vivre en bonne entente avec eux, une petite vie tranquille, et c’est justement ça que jésus dénonce : la tranquillité, ou la médiocrité d’une vie stérile, ce qu’il veut pour nous c’est une vie non pas tranquille, mais paisible, habitée par sa paix, une vie féconde parce que nous aurons accueilli sa parole et qu’elle aura germé en nous, pour porter du fruit.
N’hésitons pas ! qui d’entre nous voudrait ressembler à une sol sec ou à une friche pleine de ronce, personne ! alors relevons nos manches, pour préparer la terre de notre cœur, pour que le seigneur en fasse lui même un superbe champ de blé.