La juste prière.

Publié le par Abbé Simon d'Artigue

Savez vous ce que font Christian Labit ou Frédéric michalak le soir avant de se coucher les veilles de match ? Ils prient, une prière qui doit ressembler à ça : « seigneur donnez moi oh pas grand-chose, donnez moi la gnaque juste 90 minutes, donnez moi la force de foutre cul par-dessus têtes ces parisiens arrogants! ». Mais ils ne sont pas les seuls à prier ainsi, la Lolita de 14 ans tous les soirs avant de se coucher se tourne vers son crucifix coincé entre un poster de Lorie et un autre de Calogero et à genoux elle demande « seigneur jésus donne moi la voix de Beyoncé et le déhanché de Britney Spear », non je vous vois sourire, mais il n’y a pas si longtemps les étudiants en bout de révisions parce qu’ils n’avaient plus d’autre alternative (à cette période les étudiants redeviennent très pieux) s’agenouillent eux aussi pour demander à notre seigneur, oh presque rien : une bonne note et la clémence du correcteur, ou encore notre prière la plus commune, seigneur donne moi la santé et de l’argent. Et des prières comme celles là il y en à des tonnes, c’est le gros bataillons des prières qui arrivent au ciel. Et souvent nous sommes désolé de ne pas être exaucé, ce peut même être une raison pour laquelle certain perdent la foi en Dieu : « écoute si Dieu il est pas capable de remonter ma moyenne en math ou encore s’il n’est pas foutu de me trouver du travail c’est qu’il n’existe pas ou qu’il est totalement incompétent, du coup je n’ai plus rien à faire avec lui, il ne m’intéresse pas ce Dieu là ! » il perdent la foi en un Dieu prof de math ou en un Dieu directeur de l’ANPE, mais ce Dieu là ce n’est pas mon Dieu, ce n’est pas notre Dieu. Regardons de prêt comment se passe l’arrivée des prières au ciel. Elles se pointent tranquillement portée par les saints dont nous avons demandé l’intercession, il sont un peu les facteurs du bon Dieu et ils lui balancent sur une grande table toutes nos intentions et là Dieu commence à faire le tri : « alors voyons : provenant de Frédéric michalak : gagner la finale contre le stade français : non ça ça ne dépends pas de moi, je renvoi ça à Guy novés, son entraîneur. De pierre élève en terminale au lycée Aragon de muret : me donner une bonne note au bac d’histoire. Ça non plus ça ne dépend pas de moi, il faut voir avec ses profs et le sérieux de ses révisions. De Jessica : apprendre à danser comme Laurie, là je renvoi à Kamel Ouali il s’y entends mieux que moi en chorégraphie, de madame Dupont : me guérir de ma sciatique. Là non plus, il faut voir un spécialiste, quelle s’adresse plutôt à l’hôpital Rangueil. Une autre qui me demande d’enlever toute la misère et la pauvreté du monde, et comment ? D’un coup de baguette magique ? Mais non je suis pas un magicien moi ce que je peut changer c’est le cœur de l’homme.   Et il reprend son tri : tiens une lettre du roi Salomon ! Qui me demande : un cœur attentif pour gouverner le peuple et discerner le bien et le mal : ah ça c’est mon domaine ! Là je peux faire quelque chose et il fait quelque chose, à chaque fois que nous lui demandons de changer notre cœur, Dieu s’y emploie, encore faut il que nous le lui demandions, encore faut il que nous demandions la douceur, la force de pardonner, la délicatesse, le sens du partage, toute ces choses que Dieu possède en quantité et que malheureusement on ne lui demande pas très souvent. Oui parce que ses greniers débordent de chacune de ces vertus et il n’a qu’un désir c’est d’en remplir le cœur de l’homme, mais je vous disais le plus souvent l’homme demande de changer le cœur de l’autre (de rendre celui du correcteur clément par exemple), plutôt que de changer le sien (en le rendant assidu par exemple).

 

Le plus souvent nous demandons à Dieu de faire le travail qui nous revient, mais Dieu est trop respectueux de notre liberté, trop respectueux de notre dignité, il ne veut rien faire à notre place, il veut nous aider à faire le bien, il veut nous aider à changer le monde, et il nous y aide… en changeant notre cœur.

 

Mais nous nous tremblons de demander à Dieu de changer notre cœur, parce que nous ne savons pas ce qu’il en fera. Et bien ne craignons rien soyons comme cet homme qui abandonne tout ce qu’il possède pour acquérir ce champ dans lequel il y a un trésor. N’hésitons pas une seconde demandons à Dieu de nous débarrasser de tout ce à quoi nous sommes trop attaché, (à moins que ce ne soit ces choses là qui nous attachent, qui nous lient, qui nous empêchent d’avancer, qui nous empêchent de demander le meilleur dans notre prière). Et accueillons ce trésor, ce cadeau que Dieu veut nous faire : un cœur neuf.

 

Demandons à Dieu de nous apprendre à demander les bonnes choses, de demander ce qu’il veut nous donner. Et ce qu’il veut c’est infiniment plus que ce que nous osons demander, non pas un bonheur à notre taille, mais un bonheur à sa taille.

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Publié dans Homélies

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